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Le goût de la liberté

Je suis partie quelques jours en vadrouille rendre visite à un ami qui habite à l’autre bout de la France. Cette échappée s’est décidée à la volée à la suite d’un échange de SMS. C’était cool de nous voir et de discuter, on ne se voit pas si souvent que cela.

Comme il travaille toute la journée, je lui ai piqué sa voiture et je suis partie explorer la région -très belle, soit dit en passant.

Alors que je conduisais sur une route vallonnée pour revenir en ville une fin d’après-midi, je me suis fait la réflexion que j’étais pleinement libre à l’instant T : je roulais sur une route de campagne sur laquelle je n’aurais pas pensé être il y a quelques jours de cela, personne ne savait où je me trouvais, pas même moi (enfin Google doit le savoir). Je n’avais de compte à rendre à personne. J’étais seule et heureuse de l’être. La journée avait été agréable, je m’étais baladée sans but aucun, avais échangé avec des gens croisés un peu au hasard, et la soirée s’annonçait bien. Le soleil se couchait et la lumière était géniale. J’aime bien ce moment entre chien et loup.

Bref, j’avais laissé mes problèmes et mes questions chez moi et c’est l’esprit léger que j’avançais, dans tous les sens du terme.

Nous avons sûrement tous notre propre définition de la liberté.

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Sur mon blog, j’écris ton nom

Les moments où je me sens le plus libre, ce sont ceux où je me trouve dans des lieux ou des situations improbables, généralement seule, sans lien. Sur une montagne où l’on ne capte pas le réseau téléphonique. Dans un endroit où je ne suis pas censée me trouver. Quand je me perds dans un livre, dans la musique ou l’écriture. Quand je me réveille avant le réveil et qu’il me reste du temps avant de devoir faire plein de trucs. Quand je conduis la nuit, la musique fort.

Je vis de sorte que la vie improbable arrive de temps à autre. Je ne planifie pas grande chose en dehors de mon boulot et je suis assez open aux propositions sorties de mes amis. Comme la plupart ont un état d’esprit similaire au mien, on se retrouve régulièrement dans des plans galères imprévus et parfois improbables.

Puis le quotidien aliénant reprend ses droits.

Si vous suivez le blog depuis quelque temps, vous savez que la liberté est un thème qui m’est cher. Et l’échange l’est aussi -c’est d’ailleurs la raison d’être ce de blog ! Du coup, ça m’intéresse de savoir à quel moment vous vous sentez le plus libre.

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté

– Eluard

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16 commentaires pour “Le goût de la liberté

  1. C’est chouette, n’est-ce pas ? 🙂

    Te lire m’a rappelé cette fois, il y a 7 ans, où j’ai pris ma voiture pour traverser tout le sud de la France (de Bayonne jusqu’à Antibes) sans prévenir personne de ma vraie destination. Officiellement je retournais dans ma chambre d’étudiant à 2 heures de route de la maison, prétextant que je voulais profiter du week-end de 3 jours pour réviser (la bonne blague…).

    En un sens, ce n’était pas complètement faux. Je veux dire, je me dirigeais d’abord vers la ville où j’étudiais. Arrivé sur place, je me suis senti à la croisée des chemins : dois-je continuer vers l’inconnu ou rester là où j’avais pris mes habitudes ? J’ai préféré ne pas trop me poser de questions et filer sur la route.

    J’ai roulé toute la nuit, au final je n’ai dormi qu’une heure sur les quinze qu’ont duré le trajet. Étrangement je n’étais pas fatigué. Je me suis perdu plusieurs fois (surtout à Toulouse), à plusieurs moments je me suis demandé si je n’allais pas regretter d’être parti pour finalement me dire que j’étais allé trop loin pour faire demi-tour.

    Et le lendemain matin j’ai fini par arriver à Antibes. C’est joli comme ville, comme région. J’ai passé les trois jours en compagnie de celle que j’étais venu retrouver et je suis finalement reparti en direction des Landes pour reprendre ma vie normale. Et comme j’ai fait le trajet de retour de jour, j’ai cette fois pu contempler le paysage, et je me sentais hyper bien, libre, fou. J’ai angoissé un peu quant à mon existence (comme à mon habitude dans ces cas-là) et une fois rentré j’ai repris ma vie normale.

    Et accessoirement j’ai foiré mon année mais même sans cette escapade ç’aurait été le cas alors tant qu’à faire…

  2. Comme toi, rouler la nuit, la musique fort.
    Mais ce sentiment de liberté ne tient plus dès qu’on a des enfants.
    On est responsable.
    Adieu les virées non programmées !
    Au fond de soi, on sait que l’instant où on se sent libre n’est qu’un instant.
    Et ça gâche un peu le plaisir, mais on s’efforce d’y croire un peu quand même !
    Regarder les avions décoller…

  3. Superbe billet ma Geekette ! J’avais cité Éluard il y a quelque temps sur mon blog.
    En tant que libéral je ne peux qu’être farouchement attaché à la liberté. Ton billet m’a rappelé toutes les fois où je suis sorti « à l’arrache » avec mes collègues, sans avoir à prévenir qui que ce soit.
    Qu’il est bon de s’en aller à pas d’heure, en pleine nuit, au son d’un bon vieux jazz…

  4. Contrairement à toi (tu t’en doutes), j’ai plutôt tendance à souffrir d’une déconnexion totale à Internet, à mes réseaux, à tout le reste.
    #addictjavoue

    Bonne question cependant, à quel moment je kiffe d’être en liberté ?
    Je dirais plutôt… Lorsque je joue avec mon groupe de rock une impro totalement imprévue à la fin de 7nation army,
    ou quand je plonge en Guadeloupe en croisant des tortues vertes,
    ou après avoir passé 10 heures dans un avion trop petit, à respirer de l’air frais, en me disant que ceux qui vont aller vivre sur Mars, jamais ils pourront ressentir cette impression de liberté (au sens premier du terme sans doute)…

    Ou après avoir à tort mater en direct une guerre dans un pays où il ne fait pas bon vivre… Et où je me dis qu’une simple balade autour de chez moi, c’est déjà être libre… Ce que je n’aurais pas si j’étais emprisonné pour une raison X ou Y.

    Point de vue original, certes, mais tu cherchais ce genre de témoignages, non ? 🙂

  5. Très beau comme message et très bien écrit. Je pense malheureusement que je ne serai pas à la auteur de celui-ci dans ma réponse… Je suis pas vraiment quelqu’un de spontané donc pour moi la liberté est ailleurs. Et comme jjjjeeeeffff, le fait d’avoir des enfants rend les moments de liberté plus rare et plus courts. Mais pour moi, la liberté la plus totale c’est quand je suis plongé dans un bouquin. Le fait de laisser déambuler mon esprit entre les pages et de laisser libre court à mon imagination me fait du bien et me permet de pas penser aux problèmes.

  6. Sur scène, guitare à la main (ou basse), devant du public, l’impression de ne rien avoir d’autre que les notes que je joue pour horizon, la foule n’existe pas, la scène non plus, plus rien n’existe d’autre.
    La nuit, sur autoroute, la musique à fond, rouler sans rien, sans but, sans destination.
    La fois où je me suis senti libre, c’était en Finlande, en pleine forêt, j’étais seul avec mon vélo, à une centaine de kilomètres de la première ville, j’avais juste de quoi manger pour plusieurs jours. Des rennes un peu partout dans la forêt, je me suis arrêté un instant pour regarder la vue, au nord, le soleil à deux heures du matin, les nuages qui affadissaient à peine la lumière. Dieu que je me sentais vivre, libre.
    La liberté dont on nous dit que l’on jouit au jour le jour n’est qu’une chimère, malheureusement, les instants de liberté pure se paient cher. Dieu qu’ils sont rares.

  7. Ta définition est bien. Je connais aussi des moments de liberté « sous la contrainte » : au cours d’un atelier-théâtre, je dois interpréter le texte d’un auteur et parfois, rarement, il m’arrive d’avoir l’impression de surfer sur le texte.

  8. Tiens ça me fait penser que ce sentiment de liberté, j’aimerai le trouver pendant un ptit moment dans les Landes que je connais absolument pas, mais ça dois être magnifique de se ballader sur la plage et dans les fôrét de pins

    Bref je suis libre quand je suis dans l’eau, ou sur la plage juste à regarder l’océan, prendre des photos.

    Sinon belle article sur le sentiment d’évasion et de liberté, et de total déconnexion, on a envie de prendre la voiture et de foncer vers l’inconnu .

  9. Malheureusement, depuis que je suis maman, je ne goûte plus cette « liberté » que j’avais parfois l’impression de ressentir avant. Même quand mon fils n’est pas là, je porte le poids de cette responsabilité sur mes épaules. C’est moche à dire. J’espère que ça va changer un jour. Je n’aime pas ça.

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