Vacances à la plage erasmus

De ma vie dans une bulle

Dans le billet du jour, je ne vais ni refaire le monde, ni baver sur la société, ni parler de geekeries. Je suis totalement hors ligne éditoriale, mais OSEF.

Il y a quelques années, je suis partie étudier un semestre à l’étranger. Ces 6 mois étaient passés comme une semaine.
La ville où j’étais est très belle, il y a énormément à y faire pour vraiment la connaître ; elle est méconnue et il faut chercher à la découvrir. Cette ville qui m’a séduite par son atmosphère, son ambiance, ses habitants, j’y étais retournée il y a deux ans ; elle m’avait reconquise. Appelons cette ville Sin City, parce que le péché sous toutes ses formes y est facile – et légal. Pour couper court à tous les fantasmes qui vous passeront par la tête, non je n’ai pas péché (luxurement parlant) parce que me lever tôt pour deux truites j’ai du mal parce que je suis dans une relation de confiance avec M. Geekette. J’étais donc déjà avec Mr. G. à l’époque, la relation à distance n’avait pas toujours été évidente, mais nous en étions ressortis sans trop de heurts.

Les années ont passé et une part de moi est restée figée sur cette période somme toute insouciante, sans obligation aucune, avec pour seul souci le bar dans lequel nous allions passer la soirée.

Vacances à la plage erasmus

J’ai sûrement idéalisé un peu cette période avec les années, car à bien y réfléchir, j’ai eu passé des soirées avec le cafard parce que Mr. G. me manquait, parce que je n’avais pas toujours de wifi et que je devais aller au cybercafé, parce que je ratais des événements importants dans ma famille et auprès de mes amis, et j’ai eu réservé un billet AR pour rentrer un WE sur un coup de tête. Mais globalement, c’était une expérience géniale, et je pense que tous ceux qui ont eu l’opportunité de partir ainsi ne me contrediront pas.

J’y suis donc retournée récemment, deux ans après mon dernier séjour là-bas. Me retrouver à Sin City a quelque chose de perturbant : mon ancienne vie m’y attend toujours. Les sorties spontanées, les rencontres inopinées, les concerts dans ce pub que j’aimais tant ; toutes ces choses qui m’ont fait aimer Sin City sont restées intactes. La ville a quelque peu changé ; moi aussi. Je suis consciente que c’est le fait que j’y reste de façon éphémère qui fait le charme de Sin City : mon quotidien n’y a pas sa place. Juste la spontanéité.
J’en ai profité pour visiter tous ces endroits que l’on se dit que l’on a le temps de voir et que l’on fera plus tard, et que finalement, on n’a pas eu le temps. Cette fois, je l’ai pris, et je ne l’ai pas regretté.

Le dernier jour (sur les 3 durant lesquels j’y suis restée), j’ai erré une dernière fois dans les rues avant de prendre l’avion qui me ramènerait à ma vraie vie, et une pensée m’est venue, qui m’a mis le blues pour le restant de la journée : pour l’instant, j’ai réussi à revenir deux fois à Sin City en l’espace de quelques années, et ces visites m’ont à chaque fois enchantées. Mais viendra la fois où ma visite sera la dernière, et je ne le saurai sûrement pas. Je trouve cette idée déprimante.

Puis j’ai pris mon avion et suis rentrée chez moi, où Mr. G. m’attendait à l’aéroport. J’ai retrouvé le sourire et ma vie a repris son cours, et c’est très bien comme ça. En fait, Sin City, c’est comme une bulle hors de ma vie réelle.

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18 commentaires pour “De ma vie dans une bulle

  1. De la nostalgie, une petite madeleine de Proust, des souvenirs, c’est vrai que revenir sur les traces d’un endroits ou l’on a vécu longtemps est toujours agréable et dérangeant à la fois!
    Bel article dans tous les cas! 😉

  2. Quand j’y pense, ça me rapelle toutes ces mexicaines étudiantes en archi qu’à l’époque j’avais même pas pensé à baiser, même raide.

    Si j’avais su comment j’allais être traîté par celle avec qui j’avais cette fameuse « relation de confiance »… (bien j’aurais rien fait non plus, j’étais un Gentil)

    Pour éviter la nostalgie je préfère me dire que quand j’aurais plus besoin de travailler, j’irais vivre quelques mois dans des Sin City, profiter de cette spontanéité, de l’insouciance, et du délicieux goût de l’éphémère.

  3. Prenez un joli souvenir, une pointe de mélancolie, une musique calme et reposante accompagné du doux parfum de la jeunesse perdue. Touillez, secouez, agitez ! Vous obtiendrez un bel article, empli d’une douce volupté qui parle à tous ceux qui sont un jour partis et revenus…

    Merci.

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