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De ma rupture avec Sin City

Ce n’était pas prévu, ce n’était pas dans mes projets à moyen terme, mais j’ai dernièrement eu l’opportunité de retourner à Sin City. Je n’allais pas dire non. Souvenez-vous, j’ai déjà évoqué quelques fois cette période insouciante de ma vie étudiante qui m’a peut-être un peu trop marquée.

Sin City, c’est la vida loca, la vie légère et éphémère, la spontanéité rêvée, les rencontres inopinées et enrichissantes.

Je sais depuis toujours que Sin City est incompatible avec Monsieur Geekette. Au moment où la question du retour ou non-retour s’était posée, il était venu me chercher dans un élan romantique, j’étais rentrée avec lui, et c’était bien. Je n’ai jamais regretté ce choix. Sauf que je crois qu’il faudrait que je m’y tienne aujourd’hui.

La dernière fois que j’y étais allée, au printemps 2012, j’avais eu l’impression d’avoir bouclé la boucle, eu un sentiment d’achevé en quittant Sin City. Je n’avais pas quitté la ville dans le spleen comme les fois précédentes.
La ville ne me fait plus rêver comme elle a pu le faire il y a quelques années. Je ne passe plus de temps à m’évader devant des photos de Sin City, je me suis désinscrite de la newsletter de la ville que je ne lisais plus depuis longtemps mais dont je conservais néanmoins l’abonnement.

J’ai atterri à Sin City en fin d’après-midi. Lors de mes premiers retours, j’étais surexcitée rien qu’en prenant la navette aéroport dans ma ville. Cette fois-ci, rien. Le sentiment que je rentrais chez moi. J’ai déposé ma valise dans ma chambre, suis allée me balader quelques heures. Tout m’est familier à Sin City : les rues, les boutiques, les recoins, les stations de métro, les restos, les bars. Il y a deux ans, alors que je courrais sous la pluie avec un ami qui y vit, il m’avait conseillé de prendre à droite pour rejoindre le métro, je lui avais répondu qu’en allant à gauche on arriverait plus rapidement à une autre station. Je connais vraiment Sin City par cœur.

J’ai le sentiment d’avoir une vie à Sin City. Une vie possible qui m’y attend. A chacun de mes retours, des signes se sont manifestés. Ou peut-être n’ai-je juste vu ce que je voulais y voir.

Que je me promène dans ma ville ou à Sin City, je me sens chez moi. Durant plusieurs années, je n’ai pas choisi et vécu les deux vies. Bon, certes, l’une plus par procuration que l’autre. Choisir c’est renoncer, et je n’en avais pas envie.

Mais je me suis demandé à quel point à avoir la tête là-bas, j’étais disponible pour avancer dans ma vraie vie.

Alors, j’ai pris la décision de rompre avec Sin City.

londres sin city
Sin City n’est pas Londres, c’est juste une illustration.

Ca peut sembler idiot de rompre avec une ville. C’est malgré tout ce que j’ai fait.

J’ai marché des heures au travers de ses rues, pris des gigaoctets de photos qui vont dormir dans mon PC ou sur un serveur windows hosting, dit au revoir à ces lieux que j’aime tant, pleuré dans le métro. J’ai erré avec le vague à l’âme en voyant l’heure tourner. J’ai brièvement envisagé de ne pas prendre l’avion. J’ai espéré qu’il ne décolle pas. Je n’ai pas réussi à avoir le hublot, je n’ai pas pu avoir un dernier regard sur Sin City.

Je suis rentrée chez moi, et j’ai retrouvé Monsieur Geekette. Je me suis sentie prête pour l’étape suivante. Non, pas un enfant, d’abord l’achat d’un appartement. Faut tout de même pas aller trop vite ^^.

Quelques jours après mon retour, j’ai voulu lui expliquer et raconter mon séjour. J’ai commencé à parler, il m’a à peine écoutée parce qu’il rentrait du boulot et était crevé, il a reçu un sms, et a changé de sujet sans même s’en rendre compte. En clair, il s’en contrefoutait de ce que je lui racontais. Je n’ai pas insisté (et comme il ne lit pas ce blog, il ne le saura jamais). Après tout, Sin City a toujours été ma bulle personnelle, et elle l’aura été jusqu’au bout.

Depuis mon retour, je vois la suite un peu différemment. J’ai le sentiment que cette rupture marque le jour auquel je suis devenue adulte.

C’est certes la fin d’une époque, mais aussi le début d’une nouvelle ère.

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16 commentaires pour “De ma rupture avec Sin City

  1. J’aime beaucoup ton article et mes condoléances pour ta rupture avec elle…

    Je sais ce que c’est, pas autant que toi je présume, mais ce n’est pas facile, surtout au moment de partir.

    J’espère que tu profiteras pleinement de ton choix ~

  2. Eh bien !
    C’était plus fort que je l’avais compris, Sin City et toi…
    Mais ce sentiment d’avoir franchi une étape est sans doute vrai. Quand on le sait, on le sent, on ne se trompe pas.
    Ne regrette rien (noooon, rrrrien de rrrrrieeeeeen)
    Profite.
    Et fais gaffe à Mr Geekette, il utilise peut-être un VPN pour venir te lire en douce ! 😉

    1. Non mais genre tu ne vas jamais sur des sites pour adultes, fais moi croire ça tiens que t’aimes pas trop beaucoup ça.

      Puis mon séjour à Sin City est antérieur à ma venue en Provence donc finalement, rien n’a changé. Tu peux rester dans mon fan club du coup.

    1. 2 chambres supplémentaires c’est franchement le minimum syndical.
      Déjà parce que quand t’achètes un bien immobilier, c’est pas pour t’en débarasser dans 3 ou 5ans, et qu’elle aura bien un marmot un jour ou l’autre.
      Et puis la PC-ROOM c’est quand même devenu une pièce indispensable ! Surtout quand tu as 2 geeks à la maison… Enfin ça n’engage que moi…

  3. C’est la première fois que je lis un article relatant une rupture… avec une ville
    J’adore!! 🙂

    Bon courage et j’attends la suite 🙂

  4. Ne jamais dire « fontaine je ne boirai point de ton eau ». En tous cas, tu peut être sur que Sin City t’attendra, jusqu’au jour où tu voudra bien revenir 🙂

  5. Quelle tristesse ma Geekette !
    Je t’ai connue plus enjouée, plus colérique, plus vindicative !

    Où est passé ton côté subversif ? ta plume acerbe ? ton tempérament incoercible ?

    Allez, j’espère qu’on te retrouvera plus en forme prochainement ! 🙂
    (Agréable billet, tout de même ;))

  6. Bonjour,

    Je lis un de vos articles pour la première fois… Je trouve dommage que votre alter ego ignore tout de votre blog, ce serait peut être une bonne façon de faire passer des choses qui pour vous ont de la valeur et qu’apparemment il ignore… dans un couple on ne se dit jamais assez les choses malheureusement.

  7. Pour ce qui est des ruptures avec des villes étrangères où on a aimé vivre, je peux dire que je connais bien, c’est vrai que c’est parfois dur dur de les quitter, mais bon ce qui arrive ensuite, pour moi en tout cas, a toujours valu le coup 😉

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